La robotique a toujours fasciné le grand public. La science-fiction
a largement nourri cette fascination : dans un avenir plus ou
moins proche, les robots devaient devenir des serviteurs infatigables
et dociles ou bien ils allaient prendre le pouvoir sur une humanité
réduite en esclavage. La première vague de robotisation
dans l’industrie a incarné un peu de ces deux extrêmes
: les robots se sont certes révélés comme
d’infatigables ouvriers dans les usines mais ont également
été perçus par beaucoup comme une cause de
chômage. Que cette perception soit basée ou non sur
une réalité, il n’en reste pas moins que le
robot inquiète aujourd’hui plus qu’il ne rassure.
Il n’y a que quelques domaines où l’usage des
robots n’est pas remis en cause, le domaine médical
est un de ceux-là. Cet article présente brièvement
ce que les robots sont et seront capables de faire pour aider
médecins et patients et fait le point sur l’avenir
industriel de ces machines.
Dans le domaine de l’assistance au geste chirurgical,
ce sont certainement les robots Zeus et Da Vinci, des sociétés
Computer Motion et Intuitive Surgical, qui sont les plus fameux.
Ils ont notamment permis l’opération Lindbergh
réalisée en 2001 par le professeur Marescaux et
son équipe de l’IRCAD. Depuis New York, le professeur
Marescaux a réalisé l’ablation de la vésicule
biliaire d’une patiente qui se trouvait à Strasbourg.
Le robot Zeus utilisé pour l’occasion est un système
robotisé qui pilote des instruments de chirurgie mini-invasive
et qui est téléopéré depuis une
console devant laquelle le chirurgien est assis. Cette téléopération
assistée par ordinateur permet de rendre les gestes du
chirurgien beaucoup plus précis. Cet exploit technologique
a démontré que la téléopération
chirurgicale était possible mais le coût des équipements
nécessaires réduit la diffusion de tels systèmes
qui rendent les opérations beaucoup plus sûres
et moins traumatisantes pour le patient.
La robotique médicale n’est plus un rêve.
Les utilisateurs, patients ou professionnels de la médecine,
en ont clairement perçu l’intérêt.
Certains industriels précurseurs et des laboratoires
proposent des systèmes qui permettent de mieux soigner,
de réduire le temps de convalescence et d’offrir
des traitements mieux supportés par les patients.
Il peut être décourageant pour les chercheurs
en robotique de constater qu’il est plus facile de lever
des fonds pour rajouter des fonctions de lecture de fichier
MP3 sur un téléphone portable que pour développer
les nouveaux outils dont la médecine a besoin pour offrir
de meilleurs soins à nos concitoyens. Mais nous gardons
l’espoir que, par le biais des projets nationaux ou européens
et l’appui des fondations dont l’importance va croissante
dans le financement de la recherche, la robotique médicale
puisse bientôt rendre au plus grand nombre tous les services
qu’elle propose.
Article de Rodolphe Gelin, CEA-List
Extrait du site internet jautomatise.com
La robotique médicale, on en parle sur le Internet

CNRS:
La télé-échographie robotisée

INRIA:
Mini-robot pour endoscopie active

LAAS
: chirurgie mini-invasive robotisée