En chirurgie réparatrice (brûlés, orthopédie...),
le chirurgien est amené à réaliser des greffes
de peau : pour ce faire, il prélève sur une zone
saine du patient des lambeaux d’épiderme de quelques
dixièmes de millimètre d’épaisseur
grâce à un «dermatome » (instrument dont
le principe de fonctionnement est le même que celui d’une
tondeuse à barbe).
Les lambeaux sont ensuite greffés sur la zone brûlée
ou sur la plaie à recouvrir. Le prélèvement
proprement dit est difficile à réaliser car il
nécessite de maintenir un contact régulier du
dermatome avec la peau tout en exerçant un effort important
(de l’ordre de 100 Newtons). On a montré qu’un
robot pouvait assister de façon efficace des praticiens
qui ne réalisaient pas quotidiennement ce geste : le
« dermatome », le même que celui utilisé
manuellement par le chirurgien, est fixé sur le robot,
et c’est le robot qui assure le contrôle très
précis de sa pression sur la peau et la régulation
de sa vitesse d’avancement.
Après une étude de faisabilité sur animal,
qui a permis de concevoir (cinématique) et de dimensionner
(longueur des segments, débattements articulaires, vitesses,
efforts) un robot répondant aux exigences d’une
utilisation sécurisée et fiable en bloc opératoire,
un prototype de robot—le robot DERMAROB—a été
spécifié par le LIRMM, en étroite collaboration
avec le Service des Brûlés de l’Hôpital
Lapeyronie (Montpellier), et réalisé par la Société
SINTERS (Toulouse). Il est actuellement en phase de validation
sur animal.
Le robot est monté sur un châssis mobile, ce qui
facilite son déplacement dans la salle d’opération
et entre les services de l’hôpital. Les différents
organes de commande (alimentation pour les moteurs et resolveurs
du bras, interface homme–machine, carte d’axes et
variateurs, PC, cartes des différents périphériques)
sont placés à l’intérieur d’une
armoire de commande portée par un châssis. Le poignet
est équipé d’un capteur d’effort 6
axes permettant le contrôle de l’effort exercé
sur la peau lors du prélèvement. Il est placé
à l’extrémité du poignet entre le
dermatome et le dernier axe du robot. Un télémètre
laser a été ajouté pour contrôler
plus finement l’assiette du dermatome.
En mode apprentissage par exemple, le chirurgien déplace
le robot manuellement pour lui « montrer » le point
de départ du prélèvement à réaliser
et le point d’arrivée. Les 6 composantes de EHd
E doivent alors être nulles pour que le robot «
suive » le chirurgien de façon transparente. La
matrice de sélection S dépend des directions que
l’on veut commander en force et en moment. En mode apprentissage,
toutes les directions sont sélectionnées.
En mode automatique, seule la force Fz (normale à la
peau) est commandée, ainsi que les moments Mx et My .
Les principales avancées scientifiques en relation avec
ce projet concernent :
– la conception d’un poignet sans singularités,
donc sûr de fonctionnement,
– la mise en oeuvre d’une commande hybrideforce
position du dermatome– la modélisation du contact
dermatome-peau en vue d’adapter les paramètres
de la loi de commande aux caractéristiques propres du
patient,
– l’intégration du système en respectant
des contraintes fortes en matière de sécurité
et d’ergonomie de l’interfaçage homme/machine.